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3 mai 2016

La route des tunnels

De Deveyatagi à Hopa: 209 kilomètres.

Gulay et son fils Ertugrul nous exhortent à rester une journée de plus chez eux, cela les change de leur quotidien et leur permet de voyager, en visionnant le diaporama de notre dernier voyage en Europe de l'Est.



1er mai, journée mémorable pour nous, à cela plusieurs raisons. La première partie de cette étape, à côtoyer le torrent puis le lac Artvin, d'une exceptionnelle beauté, dans cette vallée très minérale avec des rochers vertigineux de part et d'autre de la route.






 Hameau




Pour passer d'une rive à l'autre, un filin d'acier et un panier

Des oiseaux multicolores, très difficiles à prendre en photo.


Nous passons un col, certes pas très long mais extrêmement pentu, des passages à 16%, très hard cette montée. S'en suit une descente raide aux abords du lac, puis un enchaînement de 52 tunnels creusés dans cette montagne, dont certains de plus de 2 kilomètres de long. Jamais auparavant nous n'avions passé autant de tunnels dans la journée.


Dans cette deuxième moitié de parcours de la journée, que des tunnels, viaducs, des portions de routes taillés dans la roche le tout sur près de 70 kilomètres, et aucun endroit ou s'arrêter. Après 8 heures 36 de vélo, 887 mètres de dénivelé positif et 146 kilomètres au compteur, nous trouvons désespérément un petit espace pour monter la tente avant que la nuit ne tombe. C'est notre plus longue étape depuis notre départ.

 Enfin un espace pour notre couchage dans un cadre d'exception

 Une partie de cette vallée inondée

Le lendemain , après une nuit de repos bien méritée, nous reprenons la route et descendons sur Borça, à côté d'un immense barrage Hydro- électrique, qui à causé l’inondation de toute une vallée sur près d'un cinquantaine de kilomètres de long. Après la ville, nous grimpons notre dernier col en Turquie, le paysage à complètement changé, les rochers ont laissés place à une nature verdoyante avec une forêt de feuillus.


 Notre dernier col avant de se retrouver au niveau de la mer


En haut du col, dans la brume, au fond, nous apercevons pour la première fois, la mer Noire.

 En descendant sur Hopa, des plantations de thé

Nous buvons nos derniers thés, passons une dernière nuit en Turquie sous tente face à la mer Noire, avant de passer la frontière. Nous quittons ce pays qui nous a tellement enchanté, autant par cette population si accueillante et avenante, que par tous ces beaux paysages dont certains hors du commun.
Nous allons entrer en Géorgie, et être confrontés aux tracas administratifs pour l’obtention des visas.
A bientôt, en Géorgie.

30 avril 2016

Des cols

De Sivas à Deveyatagi: 546 kilomètres.

Réponse à la question restée en suspens. Etant tous deux de petite taille, nous avons besoin de hauteur pour dominer, donc nous décidons de passer par la montagne. Plus sérieusement, nous aimons beaucoup la montagne, les efforts à fournir et surtout cette dose d’endorphine qui nous rend euphorique à chaque fois que nous arrivons en haut d'un col; de plus, les paysages sont exceptionnels avec des vues imprenables dès que nous prenons de l'altitude; rajoutés à cela, l'air pur, le calme, et se doper en se chargeant d'hémoglobines. 







  
Nos deux premières journées sont agréables avec un beau soleil et de la douceur, nous grimpons nos deux premiers cols relativement aisément, mais cela va se gâter pour les jours suivants, comme souvent en montagne le temps change très vite, le matin nous démarrons avec le soleil mais rapidement le vent se lève, de gros nuages arrivent et dans la soirée éclatent des orages, ce qui fait chuter les températures, et il fait froid. Nous arrivons toujours à trouver refuge pour éviter d'être mouillés. Nous passons successivement par la suite trois cols à plus de 2000 mètres avant d'arriver à Erzurum. Arrivés en haut de l'un d'eux, à peine le temps d’immortaliser la situation en prenant une photo qu'il commence à pleuvoir, peu de temps après il tombe des trombes d'eau, par chance en haut de chaque col il y a un dépôt de la KGM chargé de déneiger, l'équivalent de la DDE en France, un agent sort et nous fait signe de venir nous abriter et nous réchauffer à l'intérieur.

Conséquence des dernières pluies, beaucoup d'eau partout.


Au total, nous ferons 4617 mètres d'ascension.

Cette région est assez désertique, quelques villes au passage et des villages excentrés, mais nous trouvons facilement des abris pour passer les nuits au sec, sans avoir besoin de monter la tente, dans les stations d'essence, salle de prière qui se trouve sur le bord des routes, et même dans le chalet dans un camping à l'abandon.


 Salle de prière.


Chalet dans un camping abandonné, bivouac royal.



 Un arrêt çay(thé).

Toujours autant de sollicitations lors de notre passage.


Nous venons de passer la barre des 20 000 kilomètres!


Lors d'un de nos arrêts thé, le cafetier nous informe que trois cyclos Français, deux femmes et un homme sont passés par là il y a quelques jours de cela. Nous sommes à présent précédés par trois groupes de cyclos Français qui vont dans la même direction que nous. Nous sommes en contact avec deux d'entre eux.



Pour arriver à Erzurum, il nous faut encore monter car la ville se situe à 1890 mètres d'altitude. Particularité des panneaux des villes en Turquie, il est indiqué le nombres d'habitants ainsi que l'altitude.


 La ville se dote d'équipements sportifs pour accueillir les prochaines olympiades.

Il fait froid, nous sillonnons la ville puis prenons la D 950 en direction de Hopa, ville située au bord de la mer Noire. Grande descente rectiligne avant d'attaquer un ultime col à 2090 mètres, sous la pluie. Arrivés en haut, l'on nous interpelle pour un thé et pour nous réchauffer, c'est notre journée la plus froide depuis que nous sommes en Turquie. A force de patience, la pluie s'arrête et nous pouvons enfin basculer dans une longue descente dans une belle vallée encaissée. Quelques peu après Tortun, sur le bord de la route une maison forestière, c'est ouvert et il y a de l'eau, nous décidons de rester là pour passer la nuit. Peu après une voiture s'arrête, un homme sort, ouvre son coffre et vient nous apporter une grosse galette de pain ainsi que des légumes, il insiste pour qu'on le suive et que l'on aille dormir chez lui, nous refusons car nous ne voulons pas remonter sur nos vélos.      



En contrebas du chemin à une centaine de mètres de la maison forestière se trouve un hameau de quelques maisons, nous allons nous y promener. Un femme sort de chez elle et nous invite à boire le thé. On s'attarde devant une table remplie de victuailles. Gulay vit ici à Deveyatagi avec son fils Ertugrul. Impossible de refuser l'hospitalité de cette gentille femme, nous plions bagage et passons la nuit chez elle.

Accueilli par cette attachante femme et son fils.

Autour du thé.

L'on ne peut pas passer la Turquie sans vous avoir parlé d'un personnage important qui a profondément modifié la constitution de ce pays.

Mustafa Kemal ATATÜRK

Il est le fondateur et le premier président de la République Turque.
Inspiré par la Révolution Française, à la fin de la première guerre moniale, il profite de ce qu'il considère comme une trahison du Sultan Mehmet VI, lors de l'armistice, pour mettre un terme au règne du sultan, le 1er novembre 1922.
Il instaure la laïcité : séparation entre les pouvoirs politique et spirituel.
Il proclame la République, déplace la capitale d'Istanbul à Ankara et occidentalise le pays à travers plusieurs réformes. Notamment, il inscrit la laïcité dans la constitution turque, donne le droit de vote aux femmes et remplace l'alphabet arabe par l'alphabet latin.

 
Atatürk est vénéré par toute la population turque, dans presque chaque bar, restaurant ou maison il y a un portrait de lui et l'on retrouve son buste ou sa statue partout, dans les parcs, les écoles, et autres endroits publics et administratifs.
Egalement une coutume de ce pays, beaucoup d'hommes manient dans une de leur main un chapelet appelé tesbih.
Autre particularité, les Turcs sont très patriotes, des drapeaux flottent de partout, même sur les voitures et les camions.

Même en montagne on y voit le drapeau national.