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23 novembre 2015

Derniers jours en Albanie

Nous ne sommes repartis de Fier que ce matin, et ce malgré quelques dérangements intestinaux persistants chez Renaud. Nous avons prolongé d'une journée de repos supplémentaire notre séjour à l'hôtel. Nous souffrons de douleurs abdominales et diarrhées, certainement un aliment plus très frais ou une eau souillée qui nous ont contraint de rester ce dimanche dans notre chambre. Dans le même temps, il a plu toute la journée. Le lendemain, la télé Albanaise relatait des inondations et des glissements de terrains. Nous l'avons échappé belle, au sec!
Encore une première dans ce pays qui ne fini pas de nous surprendre, nous parcourons les 80 kilomètres nous séparant de Durrës sur une route hors du commun. Dès la sortie de Fier, un panneau indique le début de l'autoroute. A la vue de ce panneau, on s'arrête. La police sur les lieux nous fait signe d'avancer et de continuer, nous voilà avec Frisette et Passpartou à rouler sur l'autoroute.


On y croisera des charrettes tirées par des chevaux, on doublera également d'autres cyclos et même des piétons qui attendent le mini bus avec leur bardas. Ce pays nous aura surpris jusqu'au dernier jour.
C'est tout plat, nous avalons la distance rapidement et arrivons vers midi à l'entrée de Durrës. Dernier resto pour marquer le coup puis allons à l'entrée du port pour acheter nos billets pour Bari.


Au moment de régler, nous présentons la carte bancaire.
Pas possible de payer avec, il faut du cash. Retour vers un distributeur de billet, encore une aberration Albanaise, nous ne pouvons pas retirer l'équivalent de 90€ en une fois, la somme est trop élevée, il faut s'y prendre à plusieurs reprises.
Vers 20h, nous pénétrons dans les entrailles du bateau et prenons possession de notre cabine. Au revoir l'Albanie!


Des 28 pays d'Europe que nous avons déjà parcouru à vélo, c'est bien l'Albanie qui nous aura marqué le plus par ses traditions, ses particularités, ses habitudes et surtout l'accueil, la générosité et le sourire d'une population hors du commun. Une grande majorité de ces gens vivent grâce au fruit du travail de la terre; ils ne sont pas touchés par ce virus, le matérialisme.
Ce petit pays du sud de l'Europe mérite d'être plus connu et visité.

21 novembre 2015

Journée repos

Aujourd'hui, journée repos. Après, nous allons dans les jours à venir nous diriger vers Durrës, et prendre un ferry pour Bari en Italie.
Jour pour jour, dans un mois, nous retrouvons nos enfants et nos deux petits enfants pour passer Noël en famille. Nous avons réservé une maison vers Palerme, à Trappetto, en Sicile. Le 30 au soir, viendrons également nous rejoindre un couple d'ami pour passer le réveillon du nouvel an ensemble. Nous restons quelques temps sur place, si quelques uns d'entre vous veulent venir se joindre à nous, ce sera avec grand, plaisir, avis aux amateurs! 
Nous profiterons de cette "escale technique" pour remettre en état et réviser Frisette et Passpartou.

Bonne lecture et à très bientôt pour des news.
Un grand merci à tous ceux qui nous suivent fidèlement et qui nous adressent régulièrement des messages réconfortants que nous prenons plaisir à lire. 
Une attention particulière et un point d'honneur pour son dévouement, à notre ami et webmaster du blog, Lionnel.

20 novembre 2015

Fin de la boucle

Ce matin, tous nos muscles des membres supérieurs et du cou nous font encore mal, nous n'avons pas récupéré des efforts extrêmes de la veille.


Le pâté de maisons, lieu de refuge de hier soir.

Le pire, c'est qu'il faut remettre cela à nouveau ce matin, encore trois kms avant de trouver l'asphalte. Quel soulagement!

Enfin, la route macadamisée.


 

A présent, on peut se laisser glisser jusqu'à Vlorë, ville située en bord de mer. Nous faisons nos provisions et nous nous dépêchons de quitter ce brouhaha au plus vite. Fini avec la montagne, nous évoluons désormais dans la plaine sur une route qui longe l'autoroute jusqu'à Fier. Nous arrivons dans cette ville en fin d'après midi, après avoir parcouru près de 80 kilomètres.

Nous recherchons un hôtel pour nous poser un peu, car nous avons besoin de récupérer de nos efforts précédents et en profiter pour donner des nouvelles à la famille, mettre le blog à jour grâce à la wifi, puis également faire une grosse lessive. 


Dans la descente vers Vlorë, notre attention est attirée par cet ours en cage, le seul que nous aurons vu lors de ce voyage. Voyant les conditions de détention de l'animal, nous aurions souhaité ne pas en voir, malheureusement. Ce triste spectacle nous altère beaucoup, un anneau de fil de fer dans sa truffe et plus aucune dentition lorsqu'il ouvre sa gueule. Nous lui donnons tout notre pain puis lui coupons en petit morceau des pommes. Nous repartons dégoutés!

19 novembre 2015

Journée galère

Nous quittons de bonne heure cette famille qui nous a accueillie hier soir et qui vit dans des conditions modestes, pour nous engager sur cette piste qui débute dès notre départ ce matin.





Les deux premières heures de la matinée se déroulent sans encombre, la piste est roulante, pas trop pentue et pas tape cul.



Aperçu de ce que nous venons de parcourir, à deux reprises nous descendons pour remonter sur un autre versant en face.



En contre bas, la rivière Vijosë


Le village de Sinanaj, lieu où nous avons cassé la croûte ce midi.

Vers la fin de matinée après de gros efforts, nous arrivons enfin à Sinanaj, village perché dans la montagne, cette piste nous réserve des surprises avec de gros dénivelés que nous arrivons à passer péniblement. C'est lors de la reprise après notre déjeuner que la situation se corse, impossible de continuer à rouler, la piste est complètement défoncée. Nous sommes obligés de pousser Frisette et Passpartou.




Les choses se compliquent davantage pour nous, il faut à présent se mettre à deux pour pousser simultanément Frisette et Passpartou, tellement c'est pentu, autrement dit, nous n'avançons qu'à petit pas et nous n'en voyons pas le bout. Un pick up arrive à notre hauteur et s'arrête, il nous demande si nous avons besoin d'aide, orgueilleux, nous répondons pas la négative, nous le regretterons par la suite de ne pas avoir accepté de se faire emmener. Le temps passe, il nous faut coûte que coûte arriver jusqu'à une habitation. Nous croisons sur notre passage, assis sur des ânes, des bergers qui rassemblent les troupeaux de moutons et de chèvres qui descendent dans la vallée. La nuit commence à tomber et aucune maison en vue. Nous avançons désormais à la lueur des phares de Frisette et de Passpartou. Le ciel est étoilé et la lune apparaît.


Nos épaules nous font souffrir ainsi que nos poignets, bras et avant bras. Nous n'en pouvons plus, au bord de l'épuisement. Nous mangeons sucré pour essayer de reprendre des forces, les pauses sont de plus en plus fréquentes quand enfin, nous apercevons au loin de la lumière. Au bout d'une bonne heure à continuer à crapahuter, nous arrivons aux maisons. C'est un grand soulagement pour nous. Nous appelons devant la première demeure. Un homme sort et nous invite immédiatement chez lui, il est 19 heures. Enfin notre chemin de croix est fini pour aujourd'hui. On nous prépare un repas spécialement pour nous, avons droit à une douche chaude, un massage pour Nicole puis un bon lit.


La famille Llaja.

Les deux frères Feg et Lesko, leurs compagnes Feride et Alma ainsi que les enfants Luan et Brahim. Des gens adorables!

C'est la pire journée que nous avons passé depuis que nous voyageons. Auparavant, on nous avait mis en garde sur l'état de cette piste et qu'il vallait mieux revenir sur nos pas au lieu de choisir cet itinéraire. Bornés, nous n'en avons fait qu'à notre tête! Nous en avons fait les frais.

18 novembre 2015

Mariage

Nous quittons cette charmante famille, chacun allant vaquer à ses occupations. Notre route continue à monter un petit raidillon puis descend rejoindre la SH4 à Bejar, c'est un axe routier reliant les principales villes entre elles. Pas beaucoup de trafic, la route est large et pratiquement plate avec une piste cyclable de chaque coté, nous roulons en toute sécurité, d'ailleurs jamais en Albanie nous n'avons eu à nous plaindre du comportement des automobilistes, sauf en ville.


A contre sens coule la Vjosës, une rivière limpide.

Nous parcourons assez rapidement la trentaine de kilomètres nous séparant de Tepelenë. Dès l'arrivée dans la ville, nous sommes agréablement surpris, c'est la première que nous voyons dans ce pays qui est bien entretenue, propre avec des poubelles partout, contrairement aux autres avec des routes défoncées, des étalages, un gros bazar de part et d'autre de la chaussée, et des stationnements sauvages en plein milieu de la route.  

Une partie de Tepelenë est entourée par des fortifications.



Tepelenë

Nous en profitons, au soleil pour déjeuner sur un banc puis après une bonne pose, au départ de Tepelenë empruntons une petite route qui part dans la montagne.




Nous prenons de la hauteur et contemplons depuis la route qui surplombe la rivière, quel beau panorama!
Vers le milieu de l'après midi, nous arrivons à Dukay, un petit village de quelques habitants. Peu après ce pâté de maison, plus de route, mais une piste qui démarre. Nous décidons de ne pas aller plus loin aujourd'hui et demandons à un habitant s'il était possible de se faire héberger quelque part pour cette nuit. Comme à l'accoutumée, nous sommes reçus avec la plus grande attention chez Djqiek et Fiqo. Ils vivent tous les deux avec deux de leurs garçons, Nico 23 ans et Handi 28 ans. Personne ne parle une langue permettant de communiquer mais cela n'empêche pas de grosses parties de fou rire. Nous leur montrons l'album de famille. A la vue de Priscille, notre fille, Handi en tombe amoureux et souhaite se marier avec elle, il n'arrêtera plus de la soirée de nous bassiner avec cette obsession. Sa mère rit aux éclats à chacune de ses relances. Ce n'est pas la première fois que nous aurions pu marier notre fille et même Gaëtan, notre fils célibataire.
Dans cette famille, pas d'eau courante dans la maison, il faut aller la chercher dans une source deux cent mètres plus loin. Fiqo lave la vaisselle et fait sa lessive dehors sans eau chaude, pas d'évier, ni de salle d'eau ni de toilette à l'intérieur. Ils ont deux vaches, quelques moutons et chèvres, des poules, des canards, des dindes et élèvent également un cochon.


Les parents et les deux frères.


La maison qui nous a si gentiment ouvert sa porte 
  

17 novembre 2015

Hysem et sa famille


Nous quittons Kuman et nos hôtes sans noms. Encore de grandes émotions ce matin, ils sont tous deux en larmes et nous serrent longuement dans leurs bras avant notre départ. 
Nous continuons notre route en direction de Fier, toujours ces grosses cuves de pétrole dans le paysage puis la rencontre d'un gros engin pour forer.



Avant d'arriver à Fier, à un carrefour, nous quittons notre route et bifurquons à gauche en direction de Ballsh. Nous décidons de faire une grande boucle jusqu'à Tepelenë puis passer par la ville portuaire de Vlorë avant de revenir à Fier. Bien entendu, beaucoup de montagne au programme. Cette petite route grimpe à présent et sur de grandes portions, plus d'asphalte mais de la piste. Les montées ne sont pas très longues mais ont de forts pourcentages.


Au premier plan, Patos, et en arrière plan, la ville de Fier




 
La petite route qui serpente dans la montagne 



Nous ne sommes pas lassés par ces beaux paysages

Après avoir passé  Patos, Ballsh, Memucaj et Qesarat, Nous mettons un terme à cette journée épuisante, à Memaliaj, un village de montagne.
Dès qu'Hysem nous aperçoit, il nous invite à venir à la maison. Quel accueil, on nous prépare à manger, pour l'occasion, on tue un poulet, on fait cuire un gros pain, on nous fait des frites, on boit du lait de leur troupeau, on nous fait manger du fromage, du yaourt maison, on fait venir la famille pour nous la présenter. A chaque fois, Ils trouvent une solution pour nous coucher, soi un canapé lit ou tout simplement le lit d'un des occupant de la maison. Pas de qualificatif assez  fort pour décrire leur générosité, la douceur et la gentillesse de cette population un peu méprisée par le reste de l'Europe.
 


Hysem, au centre sur la photo, à gauche son fils Memi, Aridit et Fjorel, ses deux petits enfants, sa belle fille Fatmir et sa belle maman âgée de 90 ans. La jeune fille assise à coté de lui est également une de ses petites filles habitant à côté, et sert d'interprète car elle maîtrise l'Anglais. Quatre générations vivent sous le même toit, ils vivent regroupés. La famille est un lien précieux et occupe une place très importante dans la vie les Albanais, beaucoup de solidarité et d'entraide.

16 novembre 2015

Berat


Le matin, nous avons toujours beaucoup de mal à quitter nos hôtes, car ces gens sont tellement attachants. Nous partons avec un gros pincement au cœur en laissant derrière nous Erald et sa famille.

Notre route nous emmène aujourd'hui à passer par Kuçovë qui ne se trouve pas loin de notre départ, puis après vers Berat, où nous allons visiter la vieille ville.
A l'entrée de Berat, nous suivons le panneau castel. Cette route grimpe considérablement avec des pourcentages élevés. Enfin nous arrivons à l'entrée de la vielle ville fortifiée. Nous posons Frisette et Passpartou puis à pied, montons vers les remparts.



L'entrée dans la vieille ville



La place principale et ses remparts



Une ruelle


L'église catholique


L'ancienne mosquée et son minaret.



La ville fût assiégée par les Ottomans, ici, la prison.


Eglise Orthodoxe, plusieurs confessions se partageaient la ville


Ressource importante, l'eau


La ville (jeune) de Berat en contrebas


Notre guide, ce monsieur se fait une joie de nous accompagner pour nous expliquer l'historique de sa ville.


Vue sur la vieille ville

Dans l'après midi, après avoir déjeuner sur place, nous redescendons tranquillement vers Berat puis partons en direction de Fier. Le paysage est monotone et sans grand intérêt, nous avalons les kilomètres. Dans la soirée, peu avant la tombée de la nuit, nous nous arrêtons devant une maison isolée, un monsieur est dehors dans sa cour. D'un signe de la main il nous fait signe de venir. Nous mimons avec nos mains pour lui demander s'il peut nous accueillir pour dormir, il hoche la tête de gauche à droite à plusieurs reprises. Nous ne comprenons pas car il insiste pour que nous rentrons, ce n'est que plus tard qu'il nous sera expliqué que pour dire oui, en Albanie on secoue la tête de droite et gauche, contrairement à nos habitudes.


Nous trouvons une fois de plus à être hébergé par ce couple, heureux de nous accueillir en rompant leur quotidien. Sans pouvoir comprendre un seul mot, ni arriver à connaître leurs noms malgré notre insistance, nous passons une bonne soirée à rigoler tous les quatre.




A notre grande surprise, cette maison qui ne paye pas une mine de l'extérieur, est très cossue à l'intérieur.