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17 juin 2016

Passage à vide

De Nukus à Khiva: 215 kilomètres.



A la sortie de Nukus un groupe de jeunes compétiteurs nous rattrape et vient discuter avec nous, cela nous rappelle de bons vieux souvenirs avec les jeunes, d’ailleurs ici beaucoup de gens dans les villes et villages se déplacent à vélo.
Enfin une première nuit avec un ciel étoilé depuis que nous traversons les déserts, pas un nuage à l'horizon ni un brin de vent. Ce matin, les premiers rayons de soleil pénétrant dans la tente nous incite à nous lever et partir de bonne heure.
Depuis deux jours, plus d'orage, un beau soleil, mais des moments obscurs, un gros passage dans le "désert" pour moi (Renaud). Un gros coup sur le moral, mes enfants et petits enfants me manquent. Par dessus le marché, depuis quelques jours des douleurs au genou gauche, et ce matin de vives douleurs qui m'oblige à stopper net, c'est comme si je recevais des coups de poignard dans le genou, à tel point que j'en ai les larmes aux yeux, et pour couronner le tout des dérangements intestinaux, certainement le poisson, seul aliment que Nicole n'a pas mangé. Malgré tout, nous prenons quand même le départ ce matin là. Péniblement, nous parcourons 40 kilomètres avant de jeter l'éponge. Nous stoppons notre journée vélo en milieu de matinée, dans un endroit ombragé. Ces moments de repos ont été bénéfiques.
Mais rassurez vous, à l'heure ou j'écris ces lignes, tout est rentré dans l'ordre, ma crise au genou est passée, mon tube digestif va mieux, et Nicole avec son moral d'acier, a su me tirer vers le haut, et s'est chargée de me remettre sur pied, enfin, plutôt sur la selle. Quelle merveilleuse compagne! Nous repartons de plus belle.



Nous retrouvons le désert dès la sortie de Nukus, après avoir traversé celui du Karakalpakstan, et une route chaotique pour ne pas changer. Celle-ci exige beaucoup de concentration car il faut éviter les trous, les déformations de la chaussée ainsi que les véhicules plus nombreux dans cette région. A la longue, les secousses nous procurent des douleurs, aux mains, aux poignets, au avant bras et au cou, autant dire, nous n'avançons pas aussi rapidement que nous le souhaitions.

La fin du désert, on aperçoit de la végétation au loin 


Four à chausson, farci avec de la viande et oignon.

Nous roulons jusqu'à Beruni puis bifurquons en direction de Khiva. Cette région est moins hostile, très peuplée, il y a de la verdure, de grandes culture de coton, de blé,  des plantations de pastèques, melons et autres légumes,  ainsi que des bovins, des ovins et des chevaux dans le peu de pâturage, cela nous change des 800 kilomètres de désert que nous venons de passer.

 Un aperçu de l'état de la chaussée


Champ de coton

Une prise de conscience, un peu tardive!

Il fait très chaud, les températures sont élevées, mais nous ne souffrons pas de la chaleur car nous sommes habitués à faire du vélo l'été en Provence par des températures similaires.
Nous arrivons à Khiva, ancienne ville de la route de la soie, posons Frisette et Passpartou dans une Guest house et partons visiter cette ville chargée d'histoire.

 Carte de la route de la soie

















A l'intérieur de ces fortifications, la vieille ville de la soie

Musique et danse Ouzbek

 Tissage de la soie, un travail de minutie 


Demain, nous reprenons la route en direction de Boukhara, puis Samarquand, encore 350 kilomètres de désert avant de joindre la première ville.  

14 juin 2016

Le désert Ouzbek

De Beyneu à Nukus: 465 kilomètres.

A Beyneu, les routes sont inondées, il y a eu une gros orage dans le nuit. Nous retardons notre départ et en profitons pour nous approvisionner avant de parcourir les 85 kilomètres de piste nous séparant de la frontière Ouzbek. Le soleil et le vent assèche rapidement la piste à tel point qu'un nuage de poussière se forme à chaque passage de véhicule.



Celle-ci est en si mauvais état que nous empruntons souvent des pistes parallèles, nous mettons deux jours pour arriver jusqu'à la douane Kazakh.
Nous passons notre dernière nuit dans ce pays, à 500 mètres de la douane dans un snack, après s'être restauré.



Notre lieu de couchage

A gauche, le patron du snack

Le lendemain matin, c'est le grande débâcle pour arriver au poste de douane, obligés de pousser Frisette et Passpartou dans 15 centimètres de boue, et essayer de se faufiler entre la file de poids lourds, et voitures, nous en avons jusqu'aux mollets, encore un orage cette nuit qui a rendu la piste impraticable.
Entre les deux douanes, dans le no man's land, d'énormes flaques d'eau, nous pataugeons dedans pour enlever toute la boue, quel spectacle! Dans ces moments-là, préoccupés à se frayer un passage, l'idée de prendre une photo nous a échappé. Ce passage de frontière, nous ne sommes pas près de l'oublier.
Arrivés à la douane Ouzbek, traitement de faveur pour nos deux petits touristes Français, les militaires nous font passer devant toute la longue file d'attente, un peu gênés par une telle mesure. Deux formulaires à remplir, contrôle des passeports et visas, tampons puis vérification de la trousse à pharmacie, mais aucune fouille de nos bagages, alors que tous les autres sont obligés de vider tout le contenu de leurs effets.
Welcome in my country, nous voilà en Ouzbékistan, deux heures après, conforme à la date d'entrée de nos visas.

Présentation du pays:
L'Ouzbékistan est un pays d'Asie centrale de 31 millions d'habitants, sa capitale est Tachkent. Ancienne république de l'ex URSS, il est devenu un état indépendant depuis 1991.Le pays est entouré par le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Turkménistan et une partie de la mer d'Aral au nord. Sa monnaie est le Sum Ouzbek.
C'est un pays essentiellement désertique, seulement 10% des terres sont exploitées par l'homme. La politique du pays a mis en place une culture intensive du coton, gros consommateur d'eau. L'irrigation de ces cultures sont un véritable désastre écologique pour la région. En 2000 la superficie de la mer d'Aral a été divisée par deux par rapport à celle de 1960, due à l'eau puisée pour arroser les cultures de coton. L'évolution actuelle laisse présager la disparition totale de la mer d'Aral à l'horizon 2025. L'Ouzbékistan est le 5 ème exportateur mondial de coton. Chaque année, l'état réquisitionne plus d'un million de ses citoyens pour assurer la récolte. Ces travailleurs sont forcés et travaillent pour presque rien. Le gouvernement rachète leurs récoltes à un taux bien inférieur à celui du marché, ce qui lui permet de remplir les poches lors de la revente.
Dès la sortie de la douane, les gens se ruent sur nous pour changer leur monnaie. Au marché noir, nous négocions favorablement nos dernier Tonges Kazakh et cent dollar US, plus du double que le taux de change officiel. Nous nous retrouvons avec 1.000.000 de Soms soit environ 300 euros.
Leur monnaie est instable et n'a aucune valeur, ils sont à la recherche de devises étrangères stables.

Notre fortune!!!

Nous voila partis affronter et découvrir ce désert Ouzbek. Nous le savions au départ, pas facile, il nous faut parcourir de longues distances avant de pouvoir trouver à se ravitailler, nous transportons beaucoup d'eau afin de palier à la chaleur, jusqu'à 46° au plus fort de la journée, et toujours beaucoup de vent. 






De longues lignes droites interminables entrecoupées par de la route en mauvais état, et souvent de la piste boueuse. Tous les soirs, de gros orages éclatent après des journées très chaudes et venteuses.


Plusieurs crevaisons car il nous faut dégonfler les pneus afin d'avoir une meilleur adhérence sur cette route en mauvais état et sur beaucoup de portion de pistes. Ce désert est hostile et inhospitalier.
Beaucoup de petites mouches qui piquent, des hérissons écrasés et des oiseaux morts sur les bas côtés. Il nous faut lutter contre un vent de face, avançons péniblement sur cette route chaotique. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, heureusement car la piste laisse désormais place à une route toute nouvellement asphaltée, quel bonheur, vent dans le dos, nous explosons notre record, et parcourons 163 kilomètres la veille de notre anniversaire de mariage. Malgré toutes ces longues heures de selles, beaucoup de sollicitations, des encouragements, des coups de klaxons et des prises de photos. Lors d'un arrêt réparation, un routier s'arrête pour nous offrir une galette de pain, une bouteille d'eau et du poisson frit, on s'est bien régalé, car dans les petits markets trouvé non loin des puits de pétroles et de gaz, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent.

 Un groupe de motards qui s'arrête et fait causette avec nous


C'est le 11 juin, jour ou nous fêtons nos 34 années passées ensemble à pédaler dans la vie, nous arrivons à Qonghirat, première petite ville dans le désert, située à 360 kilomètres de la frontière. Dans la première échoppe, nous allons déguster le Plov, plat national du pays à base de boulgour cuit avec de la graisse de chameau et de viande de bœuf, accompagné d'une bière bien fraîche, ce qui nous change de notre eau chaude. Peu après s'être rassasié, à la sortie de la ville, nous allons camper à proximité d'un champ de coton.
12 juin, cela fait 14 mois que nous sommes sur la route et restons bloqués toute la journée sous la tente, dans la nuit a éclaté une grosse tempête, des vents extrêmement violents,des éclairs, du tonnerre, et surtout de grosses pluies. 
Enfin, après cette journée de repos forcé, nous reprenons la route en direction de Nukus. Le paysage à changé, des arbres, des cultures de coton, du bétail, de la verdure car cette région est irriguée, quelques cours d'eau, c'en est provisoirement fini avec le désert. Avant d'entrée dans la ville, nous cherchons un coin pour planter la tente et c'est à ce moment que nous croisons sur notre route Sparabai, qui nous propose de venir dormir dans sa modeste demeure. Quel accueil, dans la soirée nous sommes invités par des voisins à manger le Plov spécialement cuisiné pour notre venue.