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5 juin 2016

Changement de décor

De Shepte à Beyneu: 312 kilomètres.

Nous mettons trois jours pour parcourir la distance séparant ces deux villes. Dès la sortie de Shepte, les cinquante premiers kilomètres sont plutôt vallonnés, sur une route avec un revêtement asphalté en excellent état jusqu'à Beyneu.  



Encore de beaux paysages.



Après cette région quelque peu accidentée, de longues lignes droites, aussi loin que l’œil puisse percevoir, jusqu'au au bout de l'horizon, que ce soit derrière nous, à gauche ou à droite, sur 360°c'est le même décor, le désert à perte de vue. L'an dernier, alors que nous traversions d'immenses forêts et lacs, dans les pays nordique, à présent c'est l'inverse, plus aucun arbre ni eau depuis plus de 500 kilomètres. 
De temps à autre nous croyons apercevoir au loin une forêt, de l'eau, mais ce n'est qu'un mirage et le fruit de notre imagination débordante. Même si cela peut vous paraître monotone de traverser de si grandes étendues arides, nous y rencontrons une grande plénitude car c'est de longs moments passés sur Frisette et Passpartou pour penser, méditer, philosopher sur notre vie, passée, présente, à venir, à notre famille, à ce voyage qui prend une dimension spirituelle, à se poser des questions qui resteront sans réponse. 
Pas la grosse chaleur, nous avons bénéficié de bonnes conditions météo jusqu'à présent, certes beaucoup de vent, changeant de direction chaque jour, mais également le premier soir quelques gouttes de pluie, et le second un gros orage, heureusement la tente était déjà montée pour s'y réfugier à l’intérieur, et des nuits fraîches.


Beaucoup de solidarité lors de cette traversée, des coups de klaxons, des signes de la main, des prises de photos, mais également des bouteilles d'eau et de jus de fruits qui nous sont offerts.
Peu ou pas de ravitaillement en cours de route, hormis le pain et quelques babioles, mais tous les cinquante kilomètres environ, des auberges ou viennent se restaurer les routiers traversant le désert, ils servent des repas basiques, au menu de la soupe, des pommes de terre accompagnés avec de la viande de chameau, un gout qui ne nous est pas familier.





 Il y plus de vie dans ce désert que nous ne l'imaginions

Même les moutons se sont métamorphosés, ils ont de gros culs.

Dès l'entrée de Beyneu, à la première market, nous remplissons nos sacoches de divers aliments, c'est alors que nous sommes interpellés par un jeune homme qui nous aborde en Anglais. 



Marat nous invite à boire le thé, mais ne peut nous garder car il vit chez ses parents. Par après, il téléphone puis nous demande de le suivre, il nous emmène dans un hôtel, installez vous, vous êtes mes invités, la chambre nous est offerte...
Nous vous donnons rendez vous en Ouzbékistan, notre prochain pays, mais près de cent kilomètres de piste dans le désert nous attendent dès demain, avant d'arriver à la frontière.

1 juin 2016

Nos premiers jours de désert

D'Aktau à Shepte: 196 kilomètres.

Après deux jours de farniente à Aktau, au bord de la Caspienne, nous enfourchons Frisette et Passpartou, puis partons découvrir et affronter notre premier désert. Au lieu de passer par la route sud, celle qu'empruntent traditionnellement les cyclos- voyageurs, nous partons par la route au nord pour rejoindre Shetpe, notre première ville dans le désert du Manguistau. Contrairement à ce que l'on pouvait s’imaginer, ce désert n'est pas monotone, c'est plutôt vallonné, au fur et à mesure, nous découvrons de beaux paysages et de temps à autre quelques animaux. Malgré qu'il fasse chaud, nous ne souffrons pas trop de la chaleur pour l'instant. Pour nos deux premiers jours de désert, pas de soleil, même quelques gouttes en fin de soirée, c'est couvert mais le thermomètre affiche quand même 34° vers midi, par contre il nous faut lutter contre un vent de face qui nous assèche la bouche, nous buvons jusqu'à 4 litres d'eau par jour chacun. Tous les cinquante kilomètres environ, il y a de petites gargotes sur le bord de la route, lieu où nous pouvons acheter de l'eau et nous rafraîchir car l'eau embarquée est chaude et désagréable à boire.

Curieuses, mais jolies constructions, nous apprenons un peu plus tard que c'est un cimetière.

 Dans cette première partie de désert, beaucoup de puits de pétrole et de gaz

 Ici, une horde de chevaux

Pipeline de gaz 


De beaux paysages

 Un troupeau de moutons, il est gardé par un berger à cheval 

Dans cette oasis, un oiseau

 Encore des chevaux en liberté, au milieu de nul part, on se demande à qui ils appartiennent?

 L'animal emblématique du désert!

Nous croisons beaucoup de dromadaires et de chameaux

 Rencontre avec des ouvriers Kazakh sur un chantier, nous passons notre deuxième nuit dans une pièce, à côté de leurs maison.



 Shetpe



A la sortie de Shetpe, nous sommes interpellé par le seul cyclo rencontré jusqu'à présent.  Evidemment, on s'arrête et entamons la conversation. Mereke s'exprime parfaitement en Anglais. Au bout d'un moment, il nous invite à venir chez lui, puis nous propose de rester dormir, ayant du temps devant nous, nous honorons son invitation. Mereke qui est très sympathique, travaille pour une compagnie pétrolière, lui et sa famille nous permettent de découvrir leur mode de vie, si différente du nôtre, pas de meuble dans leur grande et belle maison, de grandes pièces vides ornées de beaux tapis au sol, ils vivent tous à même le sol, mangent autour d'une grande table basse, et dorment sur des matelas colorés, seule la cuisine dispose d'un mobilier permettant de ranger les aliments et la vaisselle. Bien évidement, nous sommes conviés avec le reste de la famille à partager les repas de la journée. C'est une grande première, nous buvons du lait de chamelle.

Fariza, Mereke et leurs trois filles.


Il ne reste plus que 309 kilomètres de désert à traverser avant d'arriver à Beyneu, un détail!